15 mars 2022

В Нью-Йорке, в 15 марта 2022 г.

Моя дорогая Юлия,

Когда я читал письмо о игрях для написать это в компьютер, я думал о дргих песнях, которых мы пели когда я был маленький. Только сегодня, я буду написать тебе о этих.

Je passe rapidement sur les comptines que l’on chante aux jeunes enfants, et qui sont parfois très anciennes : « Sur le Pont d’Avignon », par exemple, date du 15eme siècle, et « Frère Jacques » du 18eme siècle. En passant, c’est la seule musique que j’arrivais à jouer à la flûte à bec. Je me souviens encore des notes : sol, sol, sol, la, si, la, sol, la, si, la, sol ! Quand tu seras assise au piano, tu pourras peut-être jouer cette phrase musicale en pensant à moi en train de trembler, tant j’étais stressé de jouer devant la classe !

Ce qui est souvent étrange dans ces vieilles chansons, c’est qu’on a très souvent oublié le sens premier… qui est souvent loin d’être enfantin ! Par exemple « Jean Petit qui danse » est une chanson du 17eme siècle. Dans les paroles, il danse « pour le roi de France », avec son doigt, avec son pied, etc. En fait, il s’agit d’un homme condamné au supplice de la roue, après une révolte, et la chanson décrit les membres du pauvre homme brisés par le bourreau ! De même, « Il pleut, il pleut bergère » a été écrite avant la révolution, pour se moquer de la reine Marie-Antoinette ! L’auteur lui-même a monté à la guillotine en la fredonnant ! Il y a aussi des chansons grivoises comme « nous n’irons plus au bois » qui désormais sont chantées dans toutes les classes de maternelle. Je me demande si, dans 200 ans, les enfants apprendront les chansons de rap qui parlent de « BMW, biotches, et maille (argent) ».

Lorsque ma famille et moi avons déménagé quand j’avais 6-7 ans, je suis passé d’une école au milieu des HLM à une école petit-bourgeoise. Ça a été une chance pour mon éducation, et chaque semaine, il y avait « la dame de chant » qui venait nous faire chanter. Fait étrange, des années après, ma tante Lili, épouse de mon oncle Richard, m’a dit : « tu avais ma sœur Florette comme prof ». « Mais non, je l’aurais su au nom ». « Mais si, une fois par semaine, la prof de chant ! » « Oh, la dame de chant ? » « Oui ! »

Ainsi elle nous apprit beaucoup de chansons, mais sans le nom des interprètes, ni le contexte, il est dur de savoir de quoi ça parle. Heureusement, je me souviens des paroles,

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et avec internet, ça permet de tout trouver (ou presque), alors j’ai pu retrouver les deux chansons que nous chantions tout le temps !

La première à l’air toute droit venue de Moscou, puisque le titre est « Pétrouchka, ne pleure pas », et qu’elle parle d’une fille avec des nattes blondes qui a perdu son petit chant (à mon avis, c’est Pinky, et il s’est échappé), qui danse une mazurka. Ce qui est amusant, c’est que je me souvenais seulement de « tant que chante la colombe par-dessus les toits ». Et grâce à cela j’ai pu trouver que c’est une chanson Française pas très ancienne (années 70 je crois), écrite par la chanteuse Mannick, que je ne connaissais pas, c’est une chanteuse pour enfants !

La seconde, que je pensais être aussi écrite pour les enfants, est très différente. Elle parle d’un musicien qui, alors qu’il regarde tomber la pluie, rêve à sa bien-aimée, et… d’un succès aux Amériques. Là, la partie des paroles dont je me souvenais était : « rêvait que la musique, qu’il avait composée, partait pour l’Amérique, et y était un succès ». Ma surprise fut que ça s’appelle « Un air de banjo » (je pensais que ça parlait d’un parolier), mais surtout, que c’était une chanson de Sacha Distel, qui est très connu ! C’est d’ailleurs lui qui a écrit « Scoubidou », qui sont les bracelets en plastique tresses dont je te parlais dans la lettre sur les jouets. C’est lui qui a lancé cette mode pour la première fois… en 1959 !

En école primaire, comme à la maternelle, on chante beaucoup. Mais au collège, où on a encore des cours de musique (ils disparaissent au lycée), on se contente de la flûte à bec. Mais un jour, la professeur décida de faire une exception, et nous demanda de choisir un(e) chanteur(euse) et une chanson pour que nous l’apprenions. A cette époque (j’avais 13 ans), je ne m’intéressais pas à la musique, alors je ne pris pas part aux discussions entre les filles qui voulaient Patrick Bruel, et les garçons Johnny Hallyday. Les filles gagnèrent avec le tube du moment : « Casser la voix ». Mais voila, dans les paroles il chante « fermer ma gueule », « se faire prendre pour un con », « et les salauds qui beuglent ». Alors la professeur, très choquée, quand nous recopiâmes les paroles, nous fit souligner en rouge les gros mots pour nous montrer sa désapprobation !

Моя дорогая Юлия, я надеюсь, что тебе нравятся мои маленькие истории. Я сильно целую тебя, жизнь такая какая красивая песня, с тех пор я знаю тебя. Я тебя люблю,

Твой Géraud