4 janvier 2022

В Нью-Йорке, в 4 января 2022 г.

Моя дорогая Юлия,

Как ты знаешь, эти дня я читаю книг Бальзака. Он очень известнный, потому сделал описания его хероев книг. И это всегда красиво, но тоже умно и часто смешно. Сегодня, я написаю тебе о нас, так как я был Бальзак!

Mademoiselle Yuliya Simionovna Rodionova et Monsieur Géraud Krawezik se connaissaient depuis peu, mais très rapidement une intimité tendre s’était établie entre eux deux. Cela s’expliquait par de nombreuses ressemblances dans la façon dont ils avaient d’envisager la vie. Mais avant de parler d’eux en tant qu’amoureux, il n’est pas inutile de revenir sur leur personnalité a chacun.

Yuliya Rodionova, également appelée Yulia (Julia) Fidelskaya, avait un visage qui, dans une foule, attirait immédiatement le regard de tous. Cela était en grande partie dû à ses yeux très bleus et sa peau très pale, que l’on comparait souvent à de la porcelaine. A vrai dire, beaucoup trouvaient qu’elle ressemblait à une poupée, avec ses grands yeux clairs qui regardaient avec curiosité le monde autour d’elle, ses lèvres roses bien dessinées, cachant de belles dents blanches, et un nez fin et adorable. Ses cheveux, longs et fins, qu’elle peignait à l’aide d’une brosse, ajoutaient encore à cette image de candeur et d’innocence qu’elle projetait au premier abord. Mais en faisait plus avant sa connaissance, on remarquait alors en elle les signes d’une vraie femme, intelligente et douce, drôle et empathique. Pour ceux ayant la chance de la connaître bien, elle dévoilait les joyaux de sa personnalité. Et, se faisant, on pouvait aller remarquer sur son visage les signes de ces traits de caractère. Ainsi, quand elle souriait, ses yeux passaient rapidement d’une candeur innocente à une intelligence charmante, accentuée par le cote rieur de minuscules ridules en leurs coins. De même, sa bouche s’entrouvrait alors pour dévoiler ses dents parfaites, et qui laissait présager un bon mot à venir. Car, derrière cette apparence de petite fille timorée, Yuliya Simionovna était en fait capable de conter des histoires capables de faire rougir plus d’une personne, mais sans jamais tomber dans la méchanceté. Le célèbre adage « qui aime bien, châtie bien » étant une

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parfaite illustration de sa façon de parfois lancer des piques. Et pour elle, c’était toute l’humanité entière qu’il fallait aimer et aider, derrière son charisme, pourtant sans crédulité. Elle aimait la vérité et la simplicité, et cela se voyait dans sa façon de se vêtir, la plupart du temps de façon claire (beige ou blanc), mais aussi dans le peu d’accessoires qu’elle portait sur elle, se contentant souvent d’un collier important à ses yeux pour son aspect mémoriel plutôt que décoratif. De même, elle fuyait le maquillage hormis un vernis élaboré sur ses ongles, mais n’ayant pas besoin de poudres artificielles pour accentuer les traits de son beau visage, elle n’avait qu’une chose qui s’ajoutait à sa peau : des parfums. Là aussi, ils étaient toujours comme elle : discrets mais sophistiqués. En un mot : Yuliya était élégante. Son éducation avait été marquée à la fois par sa propre curiosité, mais également par l’influence de l’Union Soviétique qui s’était évanouie dans l’Histoire quelques années avant sa naissance. Ayant des facilités à apprendre, tout en ne reculant pas devant de longues heures d’études, elle pratiquait ainsi avec aisance les arts, les sciences humaines, les sciences techniques, mais aussi le tir au pistolet ! Dans les langues, elle excellait entre autre en Russe, Anglais, Français, Espagnol, et bien sur Kazakh qu’elle connaissait depuis l’enfance. Mais n’était pas de nature à se reposer sur ses lauriers, elle prévoyait toujours par avance quelle serait sa prochaine découverte : que ce soit une langue, un instrument de musique (y compris sa mélodieuse voix), ou un endroit du monde à découvrir dans un voyage où ses grands yeux bleus s’ouvriraient à la fois sur les monuments, et sur les habitants des contrées qu’elle visitait.

Les vêtements de Géraud Paul Krawezik étaient aussi sombres que ceux de Yuliya Rodionova étaient clairs. Peut-être était-ce dû au fait que, lui aussi, il appréciait la simplicité, et s’étant un jour plu à se voir vêtu de noir, il avait arrêté là sa recherche d’une image « lui correspondant ». C’était un homme à l’air parfois sombre, mais qui aimait à converser, avec intensité, bien qu’il soit souvent vu seul. A la vérité, les conversations typiques de son temps l’ennuyaient, et il préférait souvent se plonger dans la lecture plutôt que de faire semblant d’apprécier une discussion sur les automobiles. Quand il était intéressé, on pouvait lire la fièvre qui l’habitait dans ses yeux presque noirs, dont l’intensité effrayait parfois certaines personnes. Il pouvait alors parler pendant des heures, avec toutefois en arrière pensée le fait que, peut-être, ses interlocuteurs allaient réprimer un bâillement. De formation scientifique, ses cheveux grisonnants, souvent mi-longs, lui donnaient un air d’artiste : on lui avait demandé plusieurs fois s’il travaillait dans le domaine musical. Bien qu’il en soit flatté, et malgré son amour pour cet art, il n’en était rien. C’était à vrai dire un grand regret pour

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lui : avoir des idées de livres, de films, de sculptures, mais manquer des connaissances techniques pour les développer pleinement. Certes, il avait envisagé plusieurs fois de les acquérir, mais de part sa nature perfectionniste, il savait qu’il ne pourrait se contenter d’être médiocre, et qu’une seule vie ne suffirait pas à tout apprendre. Alors il se contentait d’écrire ses idées dans des carnets, en contemplant les œuvres d’artistes, et en pratiquant parfois la photographie, de façon presque documentaire, tout en rougissant de timidité quand ses sujets le remarquaient. Il était aussi très curieux du monde, à la fois physique, biologique, et sociétal. Il aimait découvrir les villes, qu’il parcourait d’un pas rapide, lançant ses longues jambes a leur assaut. Parfois il s’arrêtait pour contempler un détail, réfléchir, et irrémédiablement se gratter la tête : c’était un faux calme qui derrière une vois lente, cachait un bouillonnement d’idées.

Ce fut le hasard (s’il existe vraiment : peut-on en être sur quand deux êtres semblent si proches) qui les fit se rencontrer. C’est leur curiosité mutuelle qui les amenât à se parler, la connaissance du Français par Yuliya Simionovna qui leur fit continuer la conversation, et enfin un sentiment de confiance mutuelle qui leur permit de s’ouvrir l’un à l’autre. Leur discussion continua, par épisodes, et se déplaça dans des rues qu’ils visitaient ensemble bien qu’étant physiquement distants. Ils comprirent rapidement que ce qui naissait entre eux était plus que de l’amitié, et ils se dirent leur amour mutuel. Au fil du temps, tandis que leur discussion les menait dans de nouveaux domaines, ils se découvrirent mieux l’un l’autre. Et ils furent souvent étonnés de la communion de leurs idées : à la fois romantiques mais pragmatiques, pouvant passer d’une discussion sérieuse à un éclat de rire, tous deux savaient apprécier ces précieux moments de découvertes mutuelles, se sentant comme le visiteur d’un musée qui, allant de chef d’œuvre en chef d’œuvre, est toujours étonné de toujours découvrir quelque chose qui fait accélérer les battements de son cœur, et parfois monter aux yeux des larmes de bonheur. Telle avait été la première année où Yuliya et Géraud se connurent, et c’est avec beaucoup de fleurs dans les yeux qu’ils attendent aujourd’hui tous les deux la suite de leur très belle histoire.

 

Моя дорогая Юлия, je t’envoie mille baisers, car chaque mot que je t’écris en est un. Я тебя люблю.

Твой Géraud